Pourquoi je ne me suis jamais sentie totalement chez moi dans le pays où je suis née
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Depuis toujours, et cela remonte à mon enfance, j’ai ressenti cette différence entre moi et les autres.
Tout a commencé à l’école
Très jeune, j’ai eu ce sentiment étrange que nous n’avions pas tous les mêmes chances.
Comme si, sans le dire ouvertement, certains avaient plus facilement leur place que d’autres.
Mon souvenir du collège
Je me souviens particulièrement du collège.
Arrivée en troisième, j’ai vu beaucoup de jeunes d’origine maghrébine, quel que soit leur niveau scolaire, être orientés vers des filières plus manuelles.
À l’époque, je ne comprenais pas vraiment. Ce n’est que plus tard que j’ai commencé à m’interroger sur ces différences de traitement et sur les conséquences qu’elles pouvaient avoir sur toute une vie.
Grandir avec le sentiment de devoir faire deux fois plus
En grandissant, j’ai compris une chose : je n’étais pas la seule à ressentir cela.
Beaucoup d’entre nous ont envie d’avancer, d’évoluer et de réussir. Mais parfois, on a l’impression qu’il faut fournir deux fois plus d’efforts pour obtenir la même reconnaissance.
Avec les années, on prend conscience de l’impact que cela peut avoir sur la confiance en soi.
On finit par se poser des questions sur :
- son avenir ;
- sa place dans la société ;
- son identité.
Les difficultés dans la recherche d’emploi
Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est parfois plus difficile d’être prise au sérieux quand on s’appelle Naima, surtout lorsqu’on vient d’un quartier populaire.
Je me souviens qu’à nos débuts dans la recherche d’emploi, nous changions même nos adresses sur nos CV pour éviter d’être écartés avant même d’avoir obtenu un entretien.
Tout commençait dès le CV
Tout commençait dès le CV.
Vivre sa foi dans la société
Et puis il y a autre chose dont on parle peu.
Au-delà du travail, je me suis souvent sentie en décalage avec certaines valeurs de la société dans laquelle je vis.
Ma foi, mes convictions, ma vision de la vie ne correspondent pas toujours à ce qui m’entoure.
Je porte le voile, al hamdoulilah, et même sans un mot, certains regards en disent parfois long.
Dans les magasins, dans la rue, dans la vie quotidienne, on apprend à vivre avec ce sentiment d’être :
- observée ;
- jugée ;
- incomprise.
La génération de nos parents
Nos parents, eux, étaient d’une génération qui avait tendance à se faire petite.
Ils ont accepté beaucoup de choses que nous n’accepterions plus aujourd’hui.
Ils ont connu les insultes, les humiliations, et malgré tout, ils continuaient à dire merci pour un rien, comme s’il fallait toujours se justifier, toujours prouver qu’ils méritaient leur place.
Je ne leur en veux pas.
Ils ont fait ce qu’ils ont pu, avec leur histoire et leur époque.
Ce que nous voulons aujourd’hui
Mais aujourd’hui, beaucoup d’entre nous aspirent à autre chose.
Nous ne voulons plus :
- nous excuser d’exister ;
- nous sentir obligés de nous faire petits pour être acceptés.
Nous voulons simplement :
- vivre dignement ;
- être respectés ;
- réussir ;
- pratiquer notre religion ;
- transmettre nos valeurs à nos enfants sans avoir le sentiment d’être constamment en décalage.
Où est réellement ma place ?
Et peut-être qu’au fond, ce sentiment de ne jamais avoir été totalement chez moi vient de là.
Parce qu’on peut être née quelque part, y avoir construit toute sa vie, y avoir élevé ses enfants, et malgré tout continuer à se demander :
« Où est réellement ma place ? »
Et toi, as-tu déjà ressenti ce sentiment ?
Je serais heureuse de lire ton histoire en commentaire.